Le secteur postal: partie prenante légitime dans l'inclusion financière

Intervention de clôture par Pascal Clivaz, vice-directeur général du Bureau international de l'UPU, à l'occasion du Forum sur l'inclusion financière pour le développement - Genève, 25 octobre 2013

Ce premier colloque intitulé "L'inclusion financière au service du développement" se situait au carrefour des ambitions.

Je me souviens de ma première rencontre avec l'Ambassadeur Bouabid, j'ai bien en mémoire également nos échanges d'idées avec le Département fédéral des affaires étrangères et je revis nos réunions de prépa­ration à ce colloque. Jamais nous n'aurions pu parier sur un tel succès. Je tiens donc à vous remercier, toutes et tous, d'avoir accompagné jusqu'au bout cette ambition et d'avoir cru en l'UPU dans ce rôle qui, croyez-moi, n'est pas un rôle de composition.

Je félicite l'ensemble des intervenants à ce colloque pour la remarquable et impressionnante qualité de leurs interventions, je remercie également les facilitateurs et les modérateurs pour leur capacité à encadrer les nombreuses thématiques, à maintenir un rythme soutenu et à donner une intensité rare à nos débats.

Au nom de l'Union postale universelle, merci.

Une réussite donc, à plusieurs points de vues.

Nous avions essentiellement trois objectifs.

Hier nous célébrions la Journée des Nations Unies, il était donc naturel pour nous de situer ce colloque au cœur des Objectifs du Millénaire, de le mettre en phase avec les ambitions du G8 ou encore du G20 en matière d'inclusion financière. L'UPU, dans le cadre de la mise en œuvre de sa Stratégie de Doha, souhaitait donner à ce rendez-vous genevois une dimension nouvelle et une ouverture par rapport à ce que nous avions l'habitude de faire. Les Affaires étrangères de la Confédération suisse ou encore l'Organisation inter­nationale de la Francophonie ont d'emblée partagé ces objectifs, je les rappelle donc:

Un objectif de plateforme d'abord: jamais nous n'avons pu mettre en présence autant d'acteurs, avec autant de pertinence, pour traiter d'un sujet qui invite, d'ores et déjà, à d'autres échanges, à d'autres rendez-vous. Un dialogue constant qui ne s'est pas borné au périmètre de ces murs mais qui s'est poursuivi en dehors de cette salle, lors des pauses café ou encore durant le dîner hier soir.

Objectif de positionnement ensuite: UN NOUVEAU RÔLE. Une nouvelle vision s'impose désormais à la poste. Le vocabulaire évolue. On parle d'opportunité, on parle de développement, on parle de modèle éco­nomique et c'est désormais en acteur et facilitateur de l'inclusion que nous nous présentons également. Je constate aussi cette évolution de la perception du secteur et de l'UPU notamment au travers des mes­sages d'appréciation appuyés de la Banque mondiale ou encore il y a quelques instants encore de la Fonda­tion Bill et Melinda Gates, du FIDA et de l'UNCDF.

Objectif de résultat enfin: par la dissémination des expériences et des connaissances, de créer une émula­tion et de donner l'envie. Ensemble, tous ensemble, nous avons démontré détenir les ingrédients de la recette gagnante. Il convient à présent de l'adapter en fonction des lieux, des niveaux de développement, des environnements. Avec les partenaires qui se sont succédés durant ces derniers jours, plusieurs idées ont germé, je fais notamment ici référence au propos du Secrétaire général de l'OIM Swing, ou encore à ceux du représentant de l'UIT.

Vous vous doutez bien qu'il ne sera pas possible de citer tous les intervenants, même si toutes les interven­tions mériteraient d'être citées, tant elles ont constitué un apport tangible à nos réflexions. Vous ne m'en tiendrez pas rigueur. Je vous renvoie donc tout simplement au site de l'UPU où vous retrouverez, très rapi­dement, l'ensemble des apports à cette conférence. Plus tard, un document plus abouti viendra compléter et clore définitivement ce colloque. Rassurez-vous, d'autres rendez-vous se préparent.

Permettez-moi cependant de traduire quelques messages et de tirer des premiers enseignements.

Ce qui ressort immédiatement de nos échanges, c'est une confirmation unanime, celle de la légitimité qui est reconnue au secteur postal, à l'UPU, de se positionner en véritable acteur de l'inclusion financière. Par ail­leurs, il a été également dit et répété: les organisations internationales doivent unir davantage encore leurs efforts car l'inclusion financière est une des composantes du développement durable.

Autre élément: nous avons pu vérifier, au travers des différents exemples mis en exergue, de la capacité des postes à relever le défi. Les potentiels existent, cependant cela passera forcément par un renforcement des responsabilités et un changement des mentalités.

Enfin, nous constatons dans le cadre de cette approche multilatérale, la parfaite maîtrise des problématiques et la disponibilité des moyens. A condition de réunir les énergies et les partenaires, comme nous l'avons fait ici à Genève, nous sommes confiants en la capacité du secteur postal de répondre aux attentes sociales et sociétales.

A l'appui de ces enseignements et de ce constat: d'une part, l'ensemble des points de vue exprimés au tra­vers des exemples, des approches et des expériences qui ont été mis en avant durant ces dernières 48 heures.

Et, d'autre part, les qualités, compétences et connaissances des interlocuteurs de choix émanant d'organisa­tions internationales, d'opérateurs économiques ou encore du monde de la finance, sans oublier les attentes des gouvernements et d'autres acteurs du secteur qui se sont succédés sur ce podium.

Quelques chiffres pour mieux illustrer mon propos:

·         plus de 200 participants;

·         plus de 71 pays;

·         10 organisations internationales;

·         17 représentants de banques centrales;

·         23 Directeurs généraux et responsables d'entreprises postales;

·         et je me dois de citer et de saluer la participation de la Ministre des Comores.

Mesdames et Messieurs, vous me permettrez donc de vous adresser ces quelques messages en synthèse de nos échanges:

Aux partenaires nous disons: poursuivons le dialogue et engageons-nous dans des actions concrètes, d'en­vergure, dans le cadre d'une réduction drastique des coûts en liant transferts d'argents et accès aux services financiers des populations exclues du système bancaire. Poursuivons, ensemble, l'éducation bancaire. Ap­puyons les ambitions régionales ou nationales avec les supports adéquats. Et j'espère, pour rebondir sur l'interpellation de notre ami de l'UNCDF, que vous nous connaissez un peu mieux qu'avant la tenue de ce colloque.

Aux gouvernements nous disons: la poste est un intégrateur de services, elle est plus que jamais un outil de puissance publique et un formidable outil d'intégration économique et sociale. L'inclusion financière n'est pas une problématique exclusivement liée au niveau de développement. Investissez dans vos réseaux postaux, et je fais ici clairement référence à la caractéristique tridimensionnelle de ces réseaux, et placez la poste au cœur de vos stratégies de développement et de croissance économique. La poste est un stimulateur avéré de l'économie, ne l'oublions pas, l'histoire nous l'a démontré, la réalité nous le confirme.

Aux banques centrales nous disons: soyez les partenaires et donc créez les conditions pour que les postes deviennent des acteurs clés de l'inclusion financière. Au travers des chiffres de la Banque mondiale notam­ment, nous avons pu vérifier la capacité des acteurs financiers postaux à répondre aux objectifs du 5 x 5 alors que les autres acteurs sont en retard sur l'objectif, même si une tendance encourageante à la baisse s'amorce. Il a été démontré par la Banque mondiale que le secteur postal est l'acteur le moins cher du mar­ché des transferts d'argent.

A nos collègues et amis postiers nous disons: développez des stratégies claires. Ce colloque a sans doute apporté, par sa richesse et la diversité des approches et opinions exprimées, une très grande partie des ingrédients nécessaires pour bâtir une stratégie solide en matière de services financiers. Le modèle écono­mique est prometteur à condition d'assurer la pérennité de son développement. Même si les contextes diffè­rent d'un continent à l'autre, toutes les régions nous apportent des expériences réussies et autant de raisons d'envisager des solutions encourageantes en terme de modèle économique.

L'UPU ressort de ce colloque renforcée dans ses ambitions et surtout totalement enrichie par le contenu des interventions mais aussi de par le fait que ce colloque nous aura permis de rencontrer des gens que nous n'avions pas l'habitude d'associer à nos réflexions. Ces deux journées nous permettront sans doute de faire émerger de nouveaux partenariats solides qui sont autant de gages et d'encouragements pour nous et, je l'espère, pour ceux de nos membres qui ont été présents.

Vous me permettrez de reconnaître le remarquable travail de nos talentueux collègues du Bureau internatio­nal: au nom du Directeur général et en mon nom, je leur dis merci. Merci également aux interprètes qui, une fois de plus, ont démontré professionnalisme et flexibilité.

Je n'oublie pas nos sponsors, le DFAE, la Poste Suisse SA ou encore l'Office fédéral de la communication, pour leur confiance et leur générosité.