Les derniers chiffres de l’UPU indiquent un potentiel de croissance

01.02.2019 - Une augmentation prometteuse des volumes postaux sur le plan international indique que le marché postal récolte finalement les fruits de la transformation numérique, selon Mauro Boffa, économiste à l’UPU.

Si les Perspectives économiques postales de l’UPU, publiées plus tôt cette année, montraient une croissance prometteuse à deux chiffres des échanges postaux internationaux en 2016, les données plus récentes mettent en évidence une accélération plus rapide que prévu.

Les volumes postaux internationaux en tonnage ont augmenté de 10% en septembre 2018 depuis la même période de 2017. Ces résultats sont encourageants vu que les événements importants liés au commerce électronique (journée des célibataires, Black Friday, Noël, etc.) n’ont pas encore eu lieu, selon Mauro Boffa, économiste à l’UPU.

Une analyse à long terme de l’UPU montre que le produit intérieur brut (PIB) a progressé plus rapidement que la croissance des revenus postaux, soit respectivement 3,4 et 2% par an en moyenne. Cette dissociation entre la croissance du PIB et celle du secteur postal est un sujet d’inquiétude pour les postes depuis plusieurs années.

«Les services postaux étaient auparavant un complément de l’économie, mais la numérisation a posé le défi de la substitution numérique», constate M. Boffa en se référant aux lettres, qui sont le cœur de métier de la poste. Les chiffres mondiaux montrent que la part des colis dans les revenus est passée de 14,3% en 2006 à 22,8% en 2016, alors celle de la poste aux lettres est tombée de 48,3 à 38,9%.

Ces dernières années, les postes se sont mises à modifier leur modèle économique en diversifiant leur portefeuille et en développant des produits qui leur permettent d’exploiter le marché du commerce électronique, en rapide évolution. La croissance à court terme souffre probablement de la consolidation et de la restructuration, qui sont pourtant un investissement dans la prospérité à long terme de la poste.

Selon M. Boffa, l’accélération de la croissance des échanges postaux internationaux pourrait indiquer que le secteur postal est sur la bonne voie pour récolter les fruits de son rôle complémentaire dans le commerce électronique, à condition que les incertitudes politiques et les tensions géopolitiques ne perturbent pas la croissance économique l’année prochaine. Le Fonds monétaire international a déjà pris en considération ce risque en révisant en octobre à la baisse son estimation de la croissance du PIB en 2018 (3,7%, soit 0,2 point de pourcentage de moins que selon son estimation d’avril).

Modèles émergents

Même s’il n’existe pas de modèle unique de segmentation des revenus, les chiffres de l’UPU montrent trois modèles d’activités émergents.

Les régions Afrique, pays arabes et Asie/Pacifique connaissent une tendance vers la diversification au-delà des colis et de la logistique, vers les services financiers et autres.

Par ailleurs, les pays industrialisés et l’Amérique latine se dirigent vers la diversification des services des colis et de logistique tout en maintenant la poste aux lettres comme le cœur de métier de la poste.

L’Europe de l’Est et la Communauté des États indépendants ont accru la part de la poste aux lettres comprenant les petits paquets générés par le commerce électronique.

Marché surprenant

Alors que la numérisation conduit à un déclin de la poste aux lettres, elle semble avoir déclenché un boom surprenant de la philatélie. Internet a facilité aux collectionneurs la tâche de trouver ce qu’ils cherchent et relié les postes au marché mondial de la philatélie.

Si les produits philatéliques ne représentent qu’une petite partie du revenu de la majorité des postes sur le plan mondial, les données collectées par l’UPU depuis 2004 montrent que les revenus philatéliques augmentent constamment; ils ont représenté 1,8 milliard de DTS (2,5 milliards d’USD) dans les revenus postaux mondiaux indiqués par les opérateurs en 2016.

Cette tendance prévaut notamment en Asie/Pacifique, probablement grâce à la classe moyenne supérieure émergente.

«Les produits philatéliques sont considérés comme des articles de collection de luxe», explique M. Boffa.

Vous pouvez consulter une présentation plus approfondie des statistiques postales de l’UPU et vous informer de l’orientation du secteur dans les Perspectives économiques postales 2018 de l’UPU (www.upu.int/fr/ressources/statistiques-postales/derniers-resultats.html).   

Cet article est paru dans le numéro de décembre 2018 du magazine Union Postale de l’UPU. Souscrivez maintenant pour être le premier à recevoir des contenus de ce type.

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Comments

Comments (1)

  1. Dirk at 19.01.2016
    Test comment.

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