Médaille d'Argent 2015

Deuxième place  - Médaille d'Argent

Miriam Campos Acín, 11 ans (Espagne)

Monde

Rue La Terre

L’Univers

                                                                                                                         Almudévar, 1er janvier 2015

Cher Monde,

Je m’appelle Miriam. Je t’écris cette lettre, car j’ai l’impression que nous, tes habitants, te traitons assez mal. A l’école, la maîtresse nous a donné un travail à faire en sciences à ton sujet; j’ai donc choisi de faire un voyage imaginaire autour de toi et de m’arrêter là où nous entendons chaque jour aux nouvelles qu’il y a des problèmes. A vrai dire, je ne savais pas bien par où commencer, parce que, pardi!, ce n’est pas les endroits qui manquent! Mais j’ai laissé aller mon imagination et me suis mise au travail.

La première escale de mon voyage, je l’ai faite au Moyen-Orient. Là, tout était détruit, les gens couraient terrorisés, tandis qu’on entendait des coups de feu et que tombaient les bombes; tout cela m’a fait bien de la peine. Mon ami, je ne comprends pas comment tu peux supporter tant de douleur, cela doit être bien triste pour toi de voir que tes habitants ne sont pas capables de vivre en harmonie. Je n’ai pas pu le supporter plus longtemps et me suis téléportée en Afrique.

J’ai été émerveillée par ses paysages et sa faune. J’en avais toujours rêvé: la nature à l’état pur… puis j’ai commencé à entendre les pleurs des enfants et j’ai pensé aux nouvelles que j’entendais à la télévision: manque de nourriture, manque d’eau potable, manque d’écoles où apprendre toutes les choses merveilleuses que j’ai la possibilité d’apprendre dans mon collège, manque d’installations médicales où soigner les maladies (comme le virus Ebola, dont on parle souvent); mais je dois dire que j’ai vu là aussi quelque chose qui m’a plu et m’a redonné confiance. Il y avait là beaucoup de personnes qui cherchaient à aider. Si seulement nous étions tous comme ça! Tous ces gens auraient bien plus de possibilités de s’en sortir. J’aurais bien voulu rester pour aider moi aussi, mais je devais poursuivre mon voyage autour de toi, aussi je me suis dit que je reviendrai un jour pour cela.

J’ai décidé alors de faire un grand saut et fait mon escale suivante au pôle Nord.

Quels paysages! Si différents des précédents, mais tout aussi spectaculaires! Là, m’est revenu en mémoire ce que j’avais entendu dire si souvent à la télévision: que la température augmente et que les glaces des pôles fondent; et après? Monde, mon ami, et après? Quoi? Tu seras inondé pour toujours? Et tout aura été de notre faute.

Me posant mille questions sur ce que je voyais, je me suis dirigée vers ma destination suivante, qui n’était autre que ce que j’avais toujours entendu appeler ton «poumon»: hé oui, l’Amazonie. Je vais voir si mon ami le Monde a le poumon en bonne santé, me suis-je dit. Encore une fois, j’ai été impressionnée par la beauté du paysage, mais à peine arrivée j’ai commencé d’entendre un bruit très dérangeant: celui des pelleteuses et des tronçonneuses attelées à l’abattage à grande échelle des arbres, ces mêmes arbres qui nous fournissent notre oxygène. Comment cela est-il possible? Je me le demande.

Un peu désillusionnée, j’ai décidé de mettre fin à mon voyage et de rentrer chez moi. Sur le chemin du retour, je suis passée par des lieux très différents de ceux où je m’étais arrêtée et j’ai pu constater que certaines personnes vivent dans le luxe, dilapident l’argent et ne sont pas plus heureuses et passent leur temps à se disputer. J’ai vu comment des tonnes d’aliments et de nourriture étaient gaspillées et comment de grandes cheminées contaminaient l’atmosphère.

Enfin, je suis arrivée chez moi, avec mille questions à l’esprit. Si tu es aujourd’hui dans cet état, cher Monde, dans quel état te trouveras-tu dans quelques années, quand tu seras vieux? Que pouvons-nous faire pour t’aider? Cela n’a pas l’air facile, car bien que nous nous l’entendions répéter tous les jours par les médias, nous ne voulons pas nous engager et prendre parti pour te soigner.

Couchée là dans mon lit, je me dis que j’aimerais bien te voir dans quelques années et j’imagine que la paix règne, que les guerres n’osent pas montrer le bout de leur nez, que tes grandes ressources sont exploitées de manière rationnelle et que les richesses qu’elles produisent sont réparties de manière égale entre tous tes habitants, entre lesquels prévaut l’amitié, la compréhension, la joie, les amis, les baisers, les embrassades.

Mais pour cela, nous devons tous nous sensibiliser et prendre soin de toi, qui es notre foyer. Dès aujourd’hui, je me fixe pour objectif de convaincre mon proche entourage de te choyer et, avec un peu de chance, nous verrons bien si nous ne pouvons pas déclencher une épidémie et contaminer tout le monde avec l’envie de faire de notre monde le meilleur endroit pour vivre.

Je t’embrasse et j’espère que la prochaine fois que je t’écrirai quelque chose aura changé, ne serait-ce qu’un peu.

MIRIAM