08/03/15

Médaille de Bronze 2015

Troisième place - Médaille de Bronze

Leonardo Silva Brito, 15 ans (Brésil)

Avenue des Nations Unies, nº 1

Paix Mondiale, RO

 

Semences du Bien, le 16 mars 2015

 

Mon cher mentor,

Comment vont les choses au Brésil? Tu continues à recruter des jeunes pour des missions de volontariat autour du monde?

J’ai été affairé au cours des tout derniers jours et, vu les difficultés de communication affectant le territoire où je me trouve, je n’ai pas réussi à t’écrire auparavant; mais maintenant, grâce aux efforts d’autres volontaires de l’Organisation des Nations Unies, nous sommes arrivés à mettre en place le service postal dans cette région lointaine de l’Afrique subsaharienne e il sera plus facile de nous parler.

J’ai le mal du pays, mais, à dire vrai, je suis bien content d’être là où je suis, car le travail que je réalise est merveilleux. Il y a quelques années déjà que nous transformons la routine de communautés isolées en leur facilitant l’accès à l’éducation et à la technologie.

Je suis fier de participer à cette cause humanitaire: lorsque j’aide ceux qui en ont besoin, je collabore à la construction du monde où j’aimerais grandir – un monde plus juste et plus solidaire.

Je fais partie des 140 millions de gens qui s’impliquent au quotidien dans la réalisation des rêves de l’humanité. En dépit de nos efforts, un grand nombre de communautés n’ont pas encore accès aux ressources de base figurant dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, telles que la santé, l’alimentation, le logement et l’éducation.

Je rêve du jour où ces enfants – aujourd’hui sans chance de succès –, véritables guerriers luttant au quotidien contre la misère et la faim, s’épanouiront dans un monde meilleur.

Tu sais, mon cher maître, différemment de ce que je pensais, le travail de volontariat n’est pas simplement une question de dévouement personnel, d’engagement et de surpassement, mais un instrument pour une meilleure connaissance de soi-même, pour apprendre dans l’action et pour découvrir que la seule chose vraiment importante quand nous aidons quelqu’un d’autre c’est le temps et l’amour qu’on lui consacre.

Depuis que je suis ici, j’ai eu l’occasion d’apprendre que les rêves et les plans que nous faisons ne servent à rien si nous n’avons pas le courage de lutter pour eux, au prix même de notre vie.

La somme de ces expériences me fait penser au poème de Carlos Drummond de Andrade “L’homme, les voyages”. Dans ce poème, le moi poétique décrit l’inquiétude de l’être humain aux prises avec l’exploration de l’inconnu et en quête d’un je-ne-sais-quoi donnant du sens à sa vie – sans parler des changements qu’il imprime aux lieux qu’il visite.

J’ai compris que la clé pour construire le monde que j’appelais de mes vœux lorsque je me suis porté volontaire se trouvait tout le temps à l’intérieur de moi-même. A l’instar du personnage du poème à l’issue de son voyage dans l’univers, il me reste encore à effectuer le voyage le plus ardu: celui à l’intérieur de mon propre cœur.

Le monde où je souhaiterais grandir s’alimente en grande partie des rêves de tous ceux qui m’ont précédé et également de ceux qui sont encore vivants de nos jours: la paix tant désirée chantée par John Lennon; la société sans barrières sociales de Nelson Mandela, le monde de Malala Yousafzai où tout le monde peut bénéficier du droit à l’éducation; la société prônée par Martin Luther King Jr. où les gens sont jugés d’après leur caractère et non pas d’après la couleur de leur peau; un endroit où règne l’amour, selon Mère Teresa de Calcutta et, enfin, un monde doté d’une conscience aiguë de l’utilisation durable des ressources naturelles, comme nous l’a appris Chico Mendes.

Je rêve d’un monde où les gens ne feraient pas simplement le don de leur argent, mais seraient des volontaires au quotidien et consacreraient surtout leur temps et leur attention à leurs prochains.

Je m’aperçois du changement que représentent tous ces petits gestes et je vois qu’au-delà de toutes les adversités auxquelles nous faisons face à l’heure actuelle, le monde où j’aimerais grandir dépend aussi de moi, car il demande mes mains, ma sueur et mon esprit.

Le travail que j’effectue n’est qu’une infime contribution – un travail de fourmi -, mais je sais qu’à travers les petites actions du quotidien, j’avance pas à pas vers l’avènement de ce monde nouveau. D’aucuns penseront qu’il s’agit d’un objectif impossible à atteindre, d’un rêve impossible à réaliser - mais je tiens à te dire, mon cher mentor, que je crois dur comme fer à ce que dit Victor Hugo: “Rien n'est tel que le rêve pour engendrer l’avenir. Utopie aujourd’hui, chair et os demain”.

 

Bien amicalement, de ton éternel apprenti,

Souvenirs du futur

 

Rue du Volontariat, Quartier de la Culture, Semences du Bien/RO